Le 27 juin 1986 étaient déposés à la Préfecture de la Gironde les statuts de l’Association Banque Alimentaire de Bordeaux et de la Gironde, deux années après que la première Banque Alimentaire ait été créée à Paris et un an après le lancement des Restos du Cœur.
Alors que ces structures d’aide alimentaire avaient été imaginées pour faire face temporairement à l’explosion de la pauvreté en France au milieu des années 1980, force est de constater que 25 ans après nous en sommes toujours au même point, 8 millions de personnes se situant au seuil de pauvreté en France (si l’on retient les 60 % du niveau de vie médian, soit 950 €/mois pour 1 personne seule).
En 25 ans, les analyses, colloques, débats, etc… se sont multipliés pour comprendre les causes de cette situation qui sont désormais parfaitement identifiées : manque d’éducation et d’information, chômage, emplois sous payés, salariat féminin précaire, éloignement de l’emploi, insertion professionnelle difficile des jeunes, faibles retraites, etc, etc…
Alors pourquoi en sommes-nous toujours au même point ? Si j’étais cynique, je dirais que les associations caritatives telles que les Banques Alimentaires ayant démontré depuis 25 ans leur efficacité et leur capacité à jouer un rôle « d’amortisseur » des difficultés des populations en souffrance, eh bien tout le monde semble se satisfaire de cette situation en étant assez fataliste et en considérant que le taux de pauvreté d’un pays comme la France est incompressible, qu’il faut faire avec, etc, etc…
En plus notre bonne conscience peut être alimentée par le fait que la France est un des pays du monde qui consacre le plus (30 %) de son PIB aux dépenses sociales : il n’y a donc pas raison de se plaindre !
Si j’étais encore plus cynique, je pourrais ajouter que l’aide alimentaire peut être utilisée comme un instrument de pouvoir en assujettissant les bénéficiaires, ce qui est pour moi tout bonnement insupportable et contraire à une des devises républicaines, la liberté.
Etant ni cynique ni pessimiste, je considère qu’il est possible malgré tout d’inverser la vapeur en redonnant un espoir à ceux qui n’en ont plus.
Alors comment ?
Si nous en sommes là, c’est tout simplement parce que nous n’avons pas eu collectivement des démarches méthodiques comme par exemple se fixer un objectif de réduire très significativement le nombre de personnes pauvres. Imaginez un instant qu’il a fallu attendre 2007-2008 pour qu’un Gouvernement français se fixe un objectif de réduire d’un tiers le nombre de personnes pauvres d’ici 2012, objectif qui ne sera évidemment pas atteint la crise étant passée par là ; de plus cet objectif n’étant pas associé à un plan d’actions précis il a peu de chances d’être atteint.
Reprenant cet objectif, j’ai fait récemment à la CUB (dans le cadre de la concertation intitulée Bordeaux Métropole 3.0) la proposition suivante : réduire de moitié d’ici 20 ans le pourcentage de personnes de la métropole vivant en dessous du seuil de pauvreté. Si l’on considère que 13 % (moyenne nationale) des 700.000 habitants de la métropole – soit 91.000 personnes – vivent en dessous du seuil de pauvreté, cet objectif de réduction de moitié (6 %) à l’horizon 2030 (où il est attendu 230.000 habitants supplémentaires), cela signifie qu’en 2030, ce nombre de 91.000 pourrait être ramené à 56.000. Cela signifie que sur 20 ans, il faudrait que près de 35.000 personnes puissent sortir durablement de la misère sur la métropole bordelaise !
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Un grand MERCI aux généreux donateurs et au plus de 3000 bénévoles qui ont été mobilisés pendant ces deux jours en Gironde.. .Lire la suite
A partir de la liste des principaux fruits et légumes distribués par la Banque Alimentaire, vous sont proposées des "fiches recettes".... // Lire la suite